Comment le méningocoque pénétre dans le cerveau
Publié le | 23 décembre 2010 | Commentaires fermés
France
CNRS – Inserm – Universté Paris Descartes
Le méningocoque, la bactérie responsable de la méningite cérébro-spinale, est souvent présente à l’état non-pathogène dans la gorge de porteurs sains. Son passage dans le sang lui permet d’adhérer aux cellules de la paroi des vaisseaux capillaires cérébraux, de les franchir et de coloniser les méninges, causant ainsi la méningite.
Si ce scénario est connu, les mécanismes moléculaires permettant à la bactérie de franchir la paroi des capillaires cérébraux afin d’infecter les méninges restaient mal documentés.
Grâce à un travail conjoint d’équipes de l’Université Paris Descartes, de l’Inserm et du CNRS, les premiers signaux biochimiques d’enclenchement du processus infectieux commencent à être dévoilés.
Ce travail vient de mettre en évidence un récepteur spécifique, déclencheur de l’action infectieuse du méningocoque, appelé récepteur béta2-adrénergique. Le méningocoque « amarré » à ce récepteur, déclenche le « recrutement » de protéines dites d’échafaudage qui vont progressivement déstabiliser les protéines responsables de l’étanchéité de la paroi des capillaires sanguins. Finalement, la paroi du vaisseau s’ouvre en certains endroits, permettant le passage de la bactérie vers les méninges.
En conclusion, les auteurs expliquent : « en plus de l’antibiothérapie traditionnelle, l’utilisation de composés ciblant le récepteur béta2-adrénergique pourrait se démontrer utile dans le traitement des formes les plus graves de méningite ».
Pour en savoir plus :
Communiqué du CNRS
La publication des chercheurs est à paraître aujourd’hui

