L’aspirine à faible dose réduit les décès par cancer
Publié le | 8 décembre 2010 | Commentaires fermés
Grande-Bretagne
Université d’Oxford
Une étude de l’Université d’Oxford conclut qu’une faible dose quotidienne d’aspirine réduit de manière significative le nombre de décès dus à toute une gamme de cancers communs.
« Ces résultats ne signifient pas que tous les adultes doivent immédiatement se mettre à prendre de l’aspirine », avertit le professeur Peter Rothwell de l’Université d’Oxford, qui a dirigé les travaux. « Mais ils montrent d’importants avantages nouveaux qui n’ont pas déjà été pris en compte dans les recommandations thérapeutiques. »
La baisse de 20% des décès par cancer observée dans l’étude relance le débat quant à savoir si des personnes saines âgées de 40 ou 50 ans doivent envisager de prendre une faible dose d’aspirine chaque jour.
L’aspirine est déjà connue pour avoir des effets bénéfiques pour les personnes ayant un risque élevé de maladies cardiovasculaires. Dans cette étude, le professeur Rothwell et ses collègues ont établi que de faibles doses d’aspirine (75 mg par jour, soit un quart de la dose normale prises pour soulager la douleur) prises pendant plus de cinq ans, réduisent le taux de décès par cancer de l’intestin de plus d’un tiers.
Dans ce travail, les scientifiques d’Oxford, Edimbourg, Londres et au Japon ont examiné plus de 670 décès par cancer dans une série d’essais portant sur plus de 25 000 personnes. Ces essais étaient au départ destinés à tester l’utilisation quotidienne d’aspirine en traitement préventif contre les maladies cardiaques.
Les résultats ont montré que l’aspirine réduit la mortalité par cancer de toute nature de 20%. Mais les avantages de l’aspirine ne deviennent apparents qu’après 5 ans ou plus de prise quotidienne, ce qui permet de penser que l’aspirine fonctionne en ralentissant ou en empêchant les premiers développements de la maladie.
Après 5 ans de prise d’aspirine, les essais ont montré que le taux de mortalité a baissé de 34% pour tous les cancers et de 54% pour les cancers gastro-intestinaux : œsophage, estomac, intestin, pancréas et foie.
« Nous ne pouvons pas dire avec certitude que n’apparaîtra pas un préjudice inconnu du à la prise d’aspirine pendant 30 ans, mais il semble qu’au regard des avantages obtenus sur le cancer, il faut accepter un certain degré d’incertitude » précise le professeur Rothwell.
Pour en savoir plus :
Communiqué de l’Université d’Oxford
Publication des chercheurs – Abstract – The Lancet
Un article en français du Figaro Santé sur le sujet

