Nouvelle approche de thérapie cellulaire pour le cœur
Publié le | 4 décembre 2010 | Commentaires fermés
France
Inserm – CHU de Nantes, Toulouse, Lille, Créteil, Montpellier, Grenoble
Mené entre 2005 et 2009, l’essai BONAMI a inclus 101 patients de moins de 75 ans, hospitalisés pour un premier infarctus du myocarde, grave et récent.
L’infarctus est provoqué par l’obstruction des artères qui mènent au coeur et qui ne peuvent plus l’oxygéner correctement. Tous les patients ont été traités par angioplastie*. La moitié d’entre eux ont reçu en plus une injection de leurs propres cellules de la moelle osseuse (cellules autologues) pour tenter de réparer la zone du muscle cardiaque lésée lors de l’infarctus. La moelle osseuse a été prélevée, sous anesthésie locale, chez ces patients sur un os du bassin, le 9ème jour après l’infarctus. Les cellules ont été concentrées puis réinjectées directement dans l’artère coronaire.
Résultat : la thérapie cellulaire cardiaque a eu un effet bénéfique sur le muscle cardiaque, 3 mois après l’infarctus. Les patients ayant reçu le traitement par thérapie cellulaire ont eu une meilleure récupération de leur muscle cardiaque que les patients qui n’ont pas été traités par thérapie cellulaire. Ceci suggère que les cellules injectées ont stimulé et augmenté les capacités physiologiques de réparation post-infarctus du muscle cardiaque. L’étude a également identifié les facteurs prédictifs de réussite de cette thérapie cellulaire selon le profil des malades. Une analyse comparant les sous-groupes de patients a ainsi permis de souligner le rôle néfaste du tabagisme ainsi que de la présence d’obstruction des petits vaisseaux du muscle cardiaque à l’IRM, un signe de gravité de l’infarctus. Un essai clinique européen recrutant uniquement des patients non-fumeurs permettra de confirmer l’intérêt de la thérapie cellulaire chez ces patients.
* Intervention sous anesthésie locale qui consiste à introduire un ballonnet pour dilater l’artère à l’endroit du rétrécissement
Communiqué de l’Inserm

