Un nouveau médicament potentiel contre le cancer
Publié le | 12 janvier 2011 | Commentaires fermés
Europe – Belgique, Italie, Suède
Commission européenne – CORDISDes scientifiques ont découvert le fonctionnement d’une protéine qui ralentirait la propagation du cancer et renforcerait l’efficacité de la chimiothérapie. Cette molécule, appelée glycoprotéine riche en histidine (GRH), pourrait aider les chercheurs à développer des médicaments anticancéreux.
La GRH améliore la qualité du réseau de vaisseaux sanguins qui alimente la tumeur en oxygène et en substances nutritives. Bien que cela semble contre-intuitif, cet effet diminue le risque de métastases, évitant la propagation du cancer dans d’autres parties du corps, et renforce la capacité au médicament à attaquer la tumeur.
Comme pour tous les tissus, les tumeurs malignes ont besoin d’oxygène et de substances nutritives pour leur croissance et leur maintien, et les cancers utilisent un éventail de molécules appelées facteurs angiogéniques pour générer leur apport sanguin. Pendant de nombreuses années, les chercheurs se sont penchés sur les médicaments anticancéreux qui pourraient réduire l’approvisionnement en sang de la tumeur en bloquant l’activité des facteurs angiogéniques. Néanmoins, cela peut renforcer le risque de métastases.
En effet, la croissance rapide des tumeurs implique que leurs réseaux de vaisseaux sanguins sont mal construits et n’apportent pas assez d’oxygène à la tumeur. C’est ce manque d’oxygène qui pousse certaines cellules cancéreuses à quitter le site de la tumeur et à immigrer vers d’autres parties du corps. En aggravant le manque d’oxygène dans la tumeur, les médicaments qui coupent son approvisionnement en sang renforcent le risque de métastase.
Ces dernières années, on a ainsi constaté un intérêt croissant pour les médicaments qui amélioreraient l’approvisionnement en sang (et par conséquent en oxygène) des tumeurs, encourageant ainsi les cellules cancéreuses à ne pas métastaser. De plus, étant donné que les médicaments atteignent la tumeur par voie sanguine, l’amélioration de la circulation du sang vers les cellules cancéreuses garantit un meilleur accès aux cellules malignes lors des séances de chimiothérapie.
Dans cette étude, des scientifiques belges, italiens et suédois ont révélé que la protéine GRH est capable de «normaliser» l’apport des vaisseaux sanguins en influençant les niveaux de deux différentes cellules immunitaires dites macrophages M1 et M2.
Cette régulation permet un approvisionnement normal de la tumeur en oxygène et en sang, réduisant ainsi le risque de métastase et renforçant par là même l’efficacité des médicaments utilisés dans la chimiothérapie en leur offrant un meilleur accès à la tumeur.
Pour en savoir plus :
Communiqué de la Commission européenne – CORDIS
Publication des chercheurs – Summary – Nature Cancer Cell

