L’effet placebo/nocebo mis à l’épreuve
Publié le | 19 février 2011 | Commentaires fermés
Royaume-Uni – Allemagne
Université d’Oxford – Centre médical universitaire de Hambourg-Eppendorf
Une équipe de l’Université d’Oxford vient de se livrer à une expérience qui en dit long sur l’importance de la relation médecin-patient dans l’efficacité d’un traitement.
Au départ les chercheurs partaient sur une hypothèse maintes fois vérifiée : le médecin doit être aussi positif que possible lorsqu’il prescrit un traitement à un patient. Sinon c’est tout l’effet du médicament qui risque se trouver compromis.
L’équipe d’Oxford a choisi 22 patients volontaires, jeunes et en bonne santé. Aprés les avoir placés dans un scanner IRM, ils ont appliqué de la chaleur sur une de leur jambe, jusqu’à ce que la douleur arrive à la limite du supportable. Sur une échelle de 1 à 100, chacun a du évaluer la douleur qu’il ressentait alors, la moyenne s’est établie à 66.
Puis à l’aide d’une ligne intra-veineuse préalablement mise en place, les médecins ont commencé à injecté un opiacé. Dans un premier temps ils n’ont rien dit, cachant à leur patient le début du traitement. Au bout de quelques minutes la note moyenne tombait à 55.
Dans un second temps, mais sans rien changé au rythme de l’injection, ils ont annoncé qu’ils procédaient à une injection calmante. Rapidement la note descendait à 39.
Enfin les patients ont été prévenu que le traitement allait cessé et mis en garde contre une possible remontée de la douleur. En réalité le traitement continuait selon le même dosage.
Pour les patients, la note moyenne de leur douleur s’est alors établie à 64.
Pendant toute la durée de l’expérience l’IRM cérébrale a montré qu’à chaque étape, les réseaux de la douleur du cerveau des bénévoles ont répondu à des degrés divers selon leurs attentes en correspondance à leurs rapports à la douleur.
Les chercheurs conviennent qu’il faut se garder de généraliser une expérience ne portant que sur 22 individus. Cependant elle est éclairante sur l’impact du médecin dans un acte thérapeutique, sur la réalité de l’effet placebo et sur l’importance du malade lui même par rapport à la façon dont il perçoit son traitement.
Pour en savoir plus :
Communiqué de l’Université d’Oxford
Publication des chercheurs – Abstract – Science Translational Medicine

