De nouvelles pistes pour vieillir mieux
Publié le | 19 mars 2011 | Commentaires fermés
France
CNRS
Depuis 1999, on sait que l’ablation de la lignée germinale, les cellules à l’origine des spermatozoïdes et des ovules, induit un accroissement substantiel de la longévité du ver nématode C. elegans.
L’accroissement de la longévité induit par la suppression des tissus reproducteurs a été observé chez la drosophile et chez le ver nématode C. elegans. Chez ce dernier, modèle incontournable de la génétique du vieillissement, l’opération lui donne 60% de vie en plus et lui permet un vieillissement harmonieux et en bonne santé. Les chercheurs ont de bonnes raisons de penser que ces observations peuvent être extrapolées aux mammifères.
De toute évidence, vivre plus longtemps, sans descendance ne peut constituer un projet d’avenir… Des chercheurs du Laboratoire de biologie moléculaire de la cellule CNRS/Ecole normale supérieure de Lyon/Université Claude Bernard Lyon 1 viennent de mettre en lumière l’un des principaux mécanismes moléculaires à la base de ce phénomène. Ils ont ainsi découvert un puissant gène de la longévité, nhr-80, qui pourrait permettre de trouver des cibles thérapeutiques pour lutter contre les maladies associées à la vieillesse sans affecter la reproduction.
Les chercheurs se sont alors demandé quels étaient les gènes les plus importants placés sous la tutelle de nhr-80. Ils ont ainsi trouvé le gène fat-6, cible de nhr-80, qui code pour une enzyme qui transforme un acide gras saturé (l’acide stéarique) en un acide gras insaturé (l’acide oléique, par ailleurs composant principal de l’huile d’olive). Pour preuve de l’importance de cette transformation, les vers dépourvus de lignée germinale ne présentent plus aucun gain en longévité lorsqu’ils sont incapables de transformer l’acide stéarique en acide oléique.
Reste à présent aux chercheurs à comprendre comment une augmentation du taux d’acide oléique induit une réponse adaptative débouchant sur une longévité accrue.
Lorsque les cascades de régulations desquelles nhr-80 et fat-6 font partie seront mieux connues, il est très probable que de nouvelles cibles se dévoileront pour concevoir des médicaments capables de lutter d’un coup contre un ensemble des maladies liées à la vieillesse : neurodégénérescence, cancer, ostéoporose, fonte musculaire…
Pour en savoir plus :
Communiqué du CNRS
Publication des chercheurs – Abstract – PLOS Biology

