Espoir d’un nouveau vaccin contre la tuberculose
Publié le | 24 mars 2011 | Commentaires fermés
Europe – USA
Commission européenne – CORDIS
Une nouvelle protéine récemment identifiée secrétée par la bactérie de la tuberculose serait efficace en tant que vaccin contre la maladie. De plus, la protéine, baptisée EspC, pourrait être utilisée pour développer de nouveaux tests de diagnostic.
La tuberculose (TB) est provoquée par une bactérie appelée Mycobacterium tuberculosis, qui se transmet par la toux. Selon l’OMS (Organisation mondiale de la santé), près de 9 millions de nouveaux cas de TB en 2009 ont été enregistrés et près d’1,9 millions de personnes ont succombé à la maladie. Le traitement de la TB consiste en un ensemble d’antibiotiques à consommer pendant plusieurs mois; bien que contraignant, le traitement est efficace pour 86% des cas.
Il existe un vaccin contre la TB. Appelé BCG (pour «bacille Calmette-Guérin»), il se base sur la bactérie Mycobacterium bovis qui infecte le bétail et est étroitement apparenté à M. tuberculosis. Toutefois, il n’offre pas de protection complète, et de nombreuses personnes vaccinées contractent tout de même la TB.
Dans cette étude, des scientifiques du Royaume-Uni et des États-Unis ont découvert qu’une petite protéine appelée EspC entraîne une forte réaction immunitaire chez les personnes infectées par la TB plus que toute autre molécule. Par contre, EspC n’a déclenché aucune immunoréaction chez les personnes soumises au vaccin de BCG mais n’ayant pas d’antécédents d’infection à la TB.
Il s’avère qu’EspC est secrétée par M. tuberculosis et non par le vaccin BCG, car celui-ci est dépourvu des gènes codant pour la protéine. Selon les chercheurs, le fait que le vaccin BCG ne provoque pas de réaction immunitaire signifie qu’un vaccin contre la TB à base d’EspC apporterait une immunité supplémentaire en plus de celle apportée par le vaccin BCG.
De plus, cette molécule pourrait être à l’origine de tests de diagnostic sanguin de prochaine génération qui permettrait de détecter rapidement toute infection de la maladie.
À l’heure actuelle, le test de diagnostic basique pour la TB est le test Mantoux, pour lequel une faible quantité de tuberculine est injectée par voie cutanée. Ce test n’est pourtant pas en mesure de différencier les personnes ayant déjà été vaccinées au BCG et les personnes malades ou ayant été malades de la TB. Étant donné qu’EspC ne provoque pas de réaction immunitaire chez les personnes vaccinées au BCG, un test fondé sur l’EspC serait plus précis pour l’identification des personnes infectées.
Pour en savoir plus :
Communiqué de la Commission européenne – CORDIS
Publication des chercheurs – Full Text – PNAS

