Comprendre la migration des cellules cancéreuses
Publié le | 17 mai 2011 | Commentaires fermés
USA
Centre de recherche sur le cancer Fred Hutchinson de Seattle
La compréhension de la manière dont les cellules du cerveau migrent durant la phase de développement normal peut donner un aperçu sur la façon dont les cellules cancéreuses se propagent.
Le développement du corps humain est un constant sujet d’étude. En partant de la rencontre de deux cellules bien particulières, une gamète femelle et une gamète mâle, se forme une première cellule qui va se diviser, déclenchant un processus de différentiation qui conduit à la formation de tous les organes.
On comprend que ce ballet cellulaire constitué de divisions, de différentiations et de migrations doit être parfaitement coordonné. Toute erreur conduit à un désordre aux conséquences plus ou moins graves.
Une équipe de chercheurs du Centre de recherche sur le cancer Fred Hutchinson de Seattle (USA) s’est intéressée au développement du cortex cérébral. Plus précisément ils ont étudié la manière dont les cellules migrent dans le cortex cérébral du cerveau en développement.
Le cortex cérébral est la substance grise périphérique des hémisphères cérébraux. Particulièrement développé chez l’homme il est divisé en zones fonctionnelles, appelées aires, chacune assurant une fonction cognitive précise. Le cortex constitue en quelque sorte le centre de contrôle du cerveau. Il est composé de couches horizontales de neurones, spécialisés pour des fonctions différentes et connectées à la verticale dans des circuits. Si dans les couches certains neurones sont défectueux, le câblage peut perdre en efficacité et des troubles neurologiques, tels l’épilepsie, l’autisme et la schizophrénie peuvent en résulter.
Chez le fœtus, le cortex se développe de l’intérieur vers l’extérieur, par addition de nouveaux neurones qui traversent les couches déjà constituées et viennent former la couche supérieure. Au début de leur migration les nouveaux neurones se déplacent en ligne droite jusqu’à une zone dite intermédiaire où ils semblent perdre tout sens de l’orientation, pour finalement se réaligner sur leur trajectoire primitive.
La découverte des chercheurs de Seattle consiste en la mise en évidence du rôle joué par deux protéines, la protéine Reelin et la protéine N-Cadhérine, qui interviennent pour guider les neurones dans leur migration au moment où ils semblent « perdus » dans la zone intermédiaire.
Ces deux protéines restant actives tout au long de la vie, les chercheurs se demandent s’il est possible qu’elles interviennent dans le processus de migration des cellules cancéreuses ?
Pour en savoir plus :
Communiqué du Centre de recherche sur le cancer Fred Hutchinson
Publication des chercheurs – Abstract – Nature neuroscience

