Exposition prénatale aux pesticides et QI des enfants
Publié le | 5 mai 2011 | Commentaires fermés
USA – Canada
Université de Montréal – Université de Californie à Berkeley
Une nouvelle étude suggère que les pesticides pourraient avoir une incidence sur la santé et le développement des enfants.
Des chercheurs de l’École de santé publique de l’Université de Californie à Berkeley et de l’Université de Montréal ont mis en évidence une association entre l’exposition prénatale aux pesticides organophosphorés – largement utilisés sur les plantes comestibles – et un quotient intellectuel inférieur chez les enfants à l’âge de 7 ans.
Les chercheurs ont découvert que les enfants dont la mère avait des niveaux de 20% plus élevé de métabolites urinaires de pesticides organophosphorés – indicateur de l’exposition prénatale – présentaient un déficit de 7 points de QI en comparaison avec les enfants dont la mère était peu exposée.« Ces associations sont importantes, surtout lorsqu’on examine ceci à l’échelle de la population », a déclaré Maryse Bouchard, aujourdhui chercheuse au CHU Sainte-Justine et affiliée au département de santé environnementale et santé au travail de l’Université de Montréal. « Cette différence pourrait signifier, en moyenne, plus d’enfants avec des difficultés d’apprentissage, et moins d’enfants très doués. »
L’étude de l’Université de Californie à Berkeley fait partie d’un trio d’articles indiquant un lien entre l’exposition aux pesticides et le développement intellectuel publié en ligne le 21 avril dans Environmental Health Perspectives. Les deux autres études, l’une effectuée au Centre médical Mont Sinaï et l’autre à l’Université Colombia, ont examiné les populations urbaines de la ville de New York, alors que celle de Berkeley sintéressait aux enfants vivant à Salinas, une communauté agricole du comté de Monterey, en Californie.
Les études effectuées à New York ont elles aussi examiné l’exposition prénatale aux pesticides et le QI des enfants de 7 ans. Comme les chercheurs de l’Université de Californie, les scientifiques du Centre Mont Sinaï ont utilisé des échantillons de métabolites de pesticides prélevés dans l’urine maternelle, alors que ceux de l’Université Colombia ont examiné les concentrations d’un pesticide spécifique, le chlorpyrifos, dans le sang du cordon ombilical.« Il est inhabituel d’observer autant de cohérence entre les résultats d’études populationnelles. Ceci indique une grande robustesse dans les conclusions quil est possible de tirer de ces études», a déclaré Maryse Bouchard. « Les enfants ayant fait l’objet de l’étude vont maintenant à l’école; il est possible d’évaluer leur fonction cognitive avec une meilleure validité qu’à un plus jeune âge. »« Ces découvertes sont vraisemblablement applicables à la population en général », a souligné madame Bouchard. « En outre, les deux autres études publiées s’étant déroulées à New York, cela indique que le lien entre exposition aux pesticides et QI n’est pas limité aux personnes vivant dans des communautés agricoles. »
Pour en savoir plus :
Communiqué de l’Université de Montréal
Communiqué de l’Université de Californie à Berkeley
Publications des chercheurs :
Les trois études publiées dans Environmental Health Perspectives
- Bouchard et al., “Prenatal Exposure to Organophosphate Pesticides and IQ in 7-Year-Old Children” (UC Berkeley)
- Engel et al., “Prenatal Exposure to Organophosphates, Paraoxonase 1, and Cognitive Development in Childhood” (Mt. Sinai)
- Rauh et al., “7-Year Neurodevelopmental Consequences of Prenatal Exposure to Chlorpyrifos, a Common Organophosphate Pesticide” (Columbia)

