Le pouvoir des placebos
Publié le | 15 mai 2011 | Commentaires fermés
Canada
Université McGill
Une étude récente indique que les psychiatres canadiens sont plus disposés que d’autres médecins à reconnaître les bénéfices des placebos.
Un récent sondage, dirigé par Amir Raz, professeur de psychiatrie à l’Université McGill et chercheur principal à l’Institut Lady Davis, indique qu’un répondant sur cinq – parmi les médecins et les psychiatres de facultés de médecine du Canada – a administré ou prescrit un placebo. Par ailleurs, une proportion encore plus importante de psychiatres (plus de 35 pour cent) a déclaré prescrire des doses subthérapeutiques de médicaments (c’est-à-dire des doses inférieures – parfois considérablement – à la concentration thérapeutique minimale recommandée) pour traiter leurs patients.
Selon ce sondage, la prescription de pseudoplacebos – des traitements actifs en principe, mais peu susceptibles d’être efficaces pour traiter la condition ciblée, par exemple l’utilisation de vitamines pour combattre l’insomnie chronique – est plus répandue que nous aurions pu le croire. Le professeur Raz et ses collègues suggèrent que cela pourrait être attribuable au fait que les médecins éprouvent moins de réticences éthiques lorsqu’ils prescrivent des produits biochimiquement actifs, même à des doses inappropriées.
Également conçu pour explorer les attitudes à l’égard de l’utilisation de placebos, le sondage a permis de découvrir que la majorité des psychiatres répondants (plus de 60 pour cent) croient que les placebos peuvent avoir des effets thérapeutiques. Il s’agit d’une proportion considérablement plus élevée que celle observée chez les autres praticiens de la médecine. « Les psychiatres semblent mieux reconnaître l’influence qu’exercent les placebos sur l’esprit et le corps », a déclaré Amir Raz. Seulement deux pour cent d’entre eux croient que les placebos ne génèrent aucun bénéfice clinique.
« Bien que la plupart des médecins reconnaissent probablement les mérites cliniques des placebos, les directives et la connaissance scientifique limitées ainsi que les considérations éthiques constituent des obstacles à une discussion ouverte sur la meilleure façon dont nous pourrions réintroduire les placebos dans le milieu médical », a déclaré le professeur Raz. « Ce sondage fournit un point de départ précieux pour des recherches plus approfondies sur la position des médecins canadiens à l’égard des placebos et de leur utilisation. »
Pour en savoir plus :
Communiqué le l’Université McGill

