Partenariat Alzheimer
Publié le | 30 juillet 2011 | Commentaires fermés
France
Institut Pasteur
La maladie d’Alzheimer (MA) affecte 860 000 personnes en France et ce nombre devrait s’élever à plus de 2 millions en 2040.
Lancé le 1er février 2008, le plan Alzheimer 2088-2012 détermine « 3 axes pour agir » : santé, recherche, solidarité. La mesure N°33 de l’axe II de ce plan prévoit le « développement des liens entre la recherche publique et l’industrie ».
L’Institut Roche de Recherche et Médecine Translationnelle, l’Institut Pasteur, le CEA et le Centre Recherche de l’Institut du cerveau et de la Moelle épinière (ICM, CNRS/Inserm/UPMC) s’inscrivent dans cette démarche et viennent de signer un accord de partenariat afin de développer de nouveaux outils d’imagerie médicale pour le diagnostic précoce de la maladie. En effet, disposer de nouveaux marqueurs biologiques et cliniques permettant de détecter la maladie d’Alzheimer avant l’apparition des signes de démence (phase prodromale) et avant la perte des fonctions cognitives – synonyme de perte d’autonomie – est une priorité, pour les malades comme pour leurs proches.
Pour visualiser les lésions du tissu cérébral et surtout quantifier l’atteinte, les techniques de neuro-imagerie de choix sont des techniques de médecine nucléaire (tomographie par émission de positons et scintigraphie) qui reposent sur l’injection de traceurs radioactifs. Les doses injectées sont faibles, ce qui limite l’exposition des patients à la radioactivité. Le programme scientifique du consortium Roche – Institut Pasteur – CEA – Centre de Recherche de l’ICM est fondé sur l’utilisation de la technique d’Imagerie par Résonance Magnétique (IRM).
Ainsi, comme l’explique Pierre Lafaye, coordinateur du programme qui travaille à l’Institut Pasteur, « les anticorps sont de grosses protéines, elles ne franchissent pas la barrière hémato-encéphalique (BHE) qui protège le cerveau des agents extérieurs. Cette barrière explique en partie les difficultés à mettre au point des traitements efficaces contre les maladies neuro-dégénératives. L’une des étapes clés de la réussite du programme est de parvenir à franchir la BHE. Nous allons coupler un produit de contraste à des fragments d’anticorps de lama suffisamment petits pour la traverser. Ainsi, il sera possible de visualiser les dépôts de peptides β-amyloïdes et les amas de protéine Tau dans le tissu cérébral de modèles animaux, puis dans celui d’échantillons humains post-mortem », poursuit-il.
Le lama, un animal utile à la recherche contre la maladie d’Alzheimer ?
Le lama est un animal de la famille des camélidés (chameaux, dromadaires) qui fabrique des anticorps naturellement capables de passer la BHE. L’équipe de Pierre Lafaye (Institut Pasteur) possède une expertise unique en biologie moléculaire et ingénierie des anticorps. Elle va mettre au point des fragments d’anticorps spécifiques, possédant les mêmes propriétés que les anticorps de lama et dirigés contre les plaques amyloïdes et les amas de protéine Tau.
A chaque étape du programme, des compétences de haut niveau
L’Institut Pasteur apporte son expertise dans la production et la purification de protéines recombinantes et d’anticorps monoclonaux et dans le couplage de ces anticorps à différents agents de contraste. L’équipe du Centre de Recherche de l’ICM, experte dans le domaine des maladies neurodégénératives, mettra à disposition ses plateformes de microscopie et d’histologie pour la réalisation des analyses morphologiques des tissus neuronaux marqués par les anticorps.
Le CEA et l’Inserm se sont associés pour créer MIRCen, centre de recherche préclinique intégré mettant ses capacités et ressources exceptionnelles d’imagerie au service de la compréhension de maladies graves, telles que les maladies du système nerveux. Grâce à l’imagerie, les chercheurs de MIRCen évaluent de nouvelles stratégies thérapeutiques. Ici, ils vont utiliser l’IRM pour évaluer et visualiser grâce à l’IRM la capacité des fragments d’anticorps à traverser la BHE et à se fixer sur leurs cibles, c’est-à-dire les lésions du tissu cérébral. Roche apportera notamment son expertise en modélisation animale de la MA, en détection et mesure de biomarqueurs, en pharmacocinétique et pharmacodynamique et en immunotoxicologie.
Pour en savoir plus :
- Communiqué de l’Institut Pasteur

