De nouvelles molécules contre les tumeurs colorectales
Publié le | 22 novembre 2011 | Commentaires fermés
France
Université Pierre et Marie Curie (UPMC) – Inserm – Hôpital Saint-Antoine Paris
De petites molécules, les inhibiteurs de tyrolien kinase (TKI), sont efficaces comme anti-tumoraux dans des modèles de cancers colorectaux in vitro et chez la souris. Cette avancée ouvre la voie à l’élaboration d’études cliniques pour tester l’efficacité des TKI chez des patients atteints de cancers colorectaux, et apporte de nouvelles perspectives de traitements sur d’autres types de cancers.
Certains traitements anti-cancéreux sont dirigés contre la capacité des cellules tumorales à se multiplier et à proliférer dans l’organisme. Il s’agit en particulier de bloquer deux voies de signalisation qui en sont responsables, celle du facteur de croissance épidermique EGF et celle du facteur de croissance de l’endothélium vasculaire VEGF.
Pour attaquer les tumeurs sur ces deux voies étroitement liées, les traitements actuellement à l’étude combinent deux molécules. Dans le cas du cancer colorectal, une étude clinique menée il y a quelques années avec deux anticorps monoclonaux (bevacizumab et cetuximab) a donné des résultats décevants.
L’équipe du laboratoire « Biologie et Thérapeutiques du Cancer » du Centre de recherche Saint-Antoine a effectué ses recherches sur des modèles de cancers colorectaux chez la souris et dans des cellules in vitro. Elle a étudié l’influence de petites molécules, des inhibiteurs de tyrosine kinase ou TKI (vargatef et afatinib), sur l’activité de deux récepteurs de facteurs de croissance appelés EGFR et VEGFR. Les expériences prouvent que l’association de ces deux TKI empêche les tumeurs de croître et abolit le déclenchement des voies de signalisation EGFR et VEGFR.
De plus, le fait de combiner des TKI ciblant les deux récepteurs entraîne la mort de cinq fois plus de cellules cancéreuses par rapport à l’utilisation de ces mêmes molécules données individuellement. En comparaison, les anticorps bevacizumab et cetuximab, utilisés dans les mêmes protocoles seuls ou combinés, ne montrent pas d’action anti-tumorale efficace.
Enfin, l’équipe a confirmé l’action des TKI quel que soit le statut muté ou non de l’oncogène KRAS (une catégorie de gènes dont l’expression favorise la survenue de cancers) dans les cellules, alors que dans les essais cliniques réalisés auparavant, les anticorps avaient entraîné une aggravation de l’état des patients porteurs du gène KRAS muté (35% des patients).
Ces résultats ont été démontrés par le laboratoire « Biologie et Thérapeutiques du Cancer » du Centre de recherche Saint-Antoine (UPMC/Inserm) dirigé par Annette K.Larsen, directrice de recherches au CNRS.
Pour en savoir plus :
Communiqué de l’UPMC
Publication des chercheurs – Résumé – Clinical Cancer Research

