Un gène responsable de rechutes chez les leucémiques
Publié le | 1 novembre 2011 | Commentaires fermés
Canada
Université de Montréal
Le voile se lève sur une cause de résistance au traitement du cancer le plus fréquent chez l’enfant : la leucémie lymphoblastique aiguë.
L’équipe du Docteur Maja Krajinovic du Centre de recherche du CHU Sainte-Justine affilié à l’Université de Montréal s’est penchée sur le cas de l’asparaginase, un des médicaments qui composent le « cocktail » de chimiothérapie administré aux jeunes patients durant la phase d’intensification du traitement.
Il a été observé que le traitement à l’asparaginase E. coli était associé à une augmentation des cas de rechute lorsqu’administré à des patients porteurs de « formes » particulières du gène ATF5. En effet, ce gène régule l’asparagine synthétase, une enzyme qui « fabrique » l’asparagine dont se nourrissent les cellules cancéreuses.
« En présence de ce polymorphisme qui, tel que nous l’avons démontré, modifie le taux de transcription du gène ATF5, il est possible que le médicament, plutôt que d’empêcher la prolifération des cellules leucémiques en réduisant le taux d’asparagine, induise une rétroaction qui, au contraire, amène les cellules cancéreuses à produire elles-mêmes l’asparagine en question », explique Dre Krajinovic.
La découverte d’une forme de gène associée à des taux accrus de rechute lors du traitement à l’asparaginase E. coli ouvre la porte à la possibilité de choisir le type de traitement pharmacologique en fonction du profil génétique du patient, approche qui s’inscrit dans la mouvance de la médecine personnalisée. « Si un test d’ADN détecte les polymorphismes incriminés chez un enfant, il sera possible de prévoir le risque de rechute ou d’effet secondaire », s’enthousiasme le Docteur Krajinovic. « En pareil cas, le clinicien pourra proposer un traitement de rechange, ou ajuster la posologie en conséquence. »
Depuis l’introduction de traitements de chimiothérapie combinant plusieurs médicaments, le taux de survie sans rechute des enfants a grimpé de façon spectaculaire à environ 80 %. Or, certains patients résistent toujours au traitement ou montrent des effets secondaires. Les stratégies de recherche en pharmacogénétique consistent à étudier en fonction des différents « profils génétiques » de malades la réaction à chaque médicament entrant dans la chimiothérapie, de manière à pouvoir établir des régimes thérapeutiques qui accroissent l’efficacité et réduisent les effets secondaires chez les patients. Maja Krajinovic a publié plusieurs études semblables portant sur l’antifolate, un autre médicament figurant parmi le groupe de médicaments utilisés en association dans le traitement de la leucémie lymphoblastique aiguë.
Pour en savoir plus :
Communiqué de l’Université de Montréal
Publication des chercheurs – Abstract – Blood

