Des molécules cancéreuses uniques… en pleine action
Publié le | 13 décembre 2011 | Commentaires fermés
Canada
Université de Montréal – Université de Sherbrook
Des chercheurs de l’Université de Montréal ont révélé comment une molécule appelée télomérase contribue à maintenir l’intégrité de notre code génétique et, lorsqu’elle est engagée dans la dérégulation du code, son rôle important dans l’apparition du cancer.
« Chaque fois que nos cellules se divisent, elles ont besoin de recopier complètement l’ADN génomique qui code nos gènes, mais le génome rapetisse chaque fois, jusqu’à ce que la cellule cesse de se diviser, explique Pascal Chartrand, professeur de biochimie à l’Université de Montréal. Toutefois, la télomérase ajoute aux extrémités de notre génome de petits éléments d’ADN appelés télomères. Les télomères maintiennent la stabilité du génome, ce qui permet aux cellules de se diviser indéfiniment et de devenir cancéreuses.
Normalement, la télomérase n’est pas active, mais on ne comprend pas très bien comment elle est contrôlée. L’une des difficultés provient du fait que nous avons besoin de voir exactement l’action qu’exerce chacune des molécules de télomérase sur notre génome, et à quel moment cette action s’exerce. » Franck Gallardo, auteur principal de l’étude, ajoute que l’équipe a réussi à appliquer des techniques auxquelles elle a recourt pour d’autres travaux qu’elle effectue dans son laboratoire. « Nous avons pu, dans les faits, voir l’action individuelle de la télomérase sur les cellules », précise-t-il.
les chercheurs ont pu étiqueter la télomérase à l’aide de protéines fluorescentes, ce qui leur a permis de l’observer dans des organismes unicellulaires vivants. Grâce à cette percée technologique, ils ont observé que, contrairement aux théories précédentes, un grand nombre de télomérases se forment en grappes sur quelques télomères et allongent ceux-ci à chaque cycle cellulaire. Par ailleurs, ils ont identifié des facteurs de régulation qui restreignent l’activité de la télomérase à l’intérieur d’une période de temps très brève, avant que la cellule se divise. Cette nouvelle technologie offre la possibilité d’étudier l’activité d’un facteur clé de l’apparition du cancer au niveau moléculaire au sein de son environnement cellulaire.
Pour en savoir plus :
Communiqué de l’Université de Montréal
Publication des chercheurs – Article – Molecular Cell

